Les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 approchent. Les nouvelles équipes s'installeront entre fin mars et fin avril. C'est, pour chaque commune, un moment de rupture et d'opportunité : les habitudes peuvent être remises en question, les prestataires renégociés, les stratégies réorientées.
Selon une étude AMF/CEVIPOF, 57,8 % des maires sortants se déclarent prêts à se représenter. Mais un renouvellement significatif est attendu, et de nombreuses nouvelles équipes arriveront sans héritage lourd sur les outils en place. Pour elles comme pour les maires reconduits, les 100 premiers jours sont la meilleure fenêtre pour moderniser la communication municipale.
Les attentes des habitants sont documentées : 76 % des Français jugent la communication de leur commune fiable (Baromètre Epiceum 2024), et les demandes de canaux numériques explosent. Voici cinq chantiers à lancer en priorité.
Chantier 1 : Auditer votre écosystème de communication
Avant d'investir dans de nouveaux outils, il est utile de cartographier l'existant. Quels canaux la commune utilise-t-elle réellement ? Avec quelle régularité ? Quel est le budget alloué à chacun ? Combien de temps agent est mobilisé par semaine sur chaque support ?
Cet audit fait souvent apparaître deux réalités. La première est que le bulletin papier absorbe la majorité du budget communication (entre 12 000 et 44 000 € selon la taille de la commune, voir notre article dédié). La seconde est que le numérique est sous-exploité : selon le Baromètre Déclic/DINUM 2025, seules 19 % des communes proposent une newsletter, et les pages de réseaux sociaux sont souvent alimentées de manière irrégulière.
Le Baromètre Déclic/DINUM 2025 constitue une grille de lecture utile pour situer votre commune par rapport à ses homologues en matière de transformation numérique.
Chantier 2 : Lancer une newsletter numérique
43 % des Français souhaitent recevoir les informations de leur commune par voie numérique (Baromètre Epiceum 2024). Pourtant, 80 % des communes n'en proposent pas. Ce gap est une opportunité concrète pour les nouvelles équipes.
L'email est le canal numérique universel : pas de téléchargement d'application, pas de dépendance à un écosystème propriétaire. Il touche les seniors sur ordinateur comme les actifs sur smartphone. Il est complémentaire avec les applications push (PanneauPocket pour les alertes urgentes, la newsletter pour le lien hebdomadaire de fond) et moins coûteux que le bulletin papier, même en tenant compte de la solution logicielle.
Sur le plan administratif, la bonne nouvelle est que le cadre des marchés publics est favorable. Un abonnement SaaS à quelques centaines d'euros par mois s'inscrit bien en dessous du seuil de procédure formalisée, actuellement fixé à 40 000 € HT et qui passera à ** 60 000 € HT à compter du 1er avril 2026** (décret n°2025-1386). Le maire peut signer directement, sans procédure d'appel d'offres. C'est un levier de décision rapide.
Filomea est conçue pour répondre exactement à ce besoin : une newsletter municipale automatisée, alimentée par les informations que votre commune publie déjà en ligne, conforme RGPD et RGAA, hébergée en France.
Chantier 3 : Mettre en conformité votre communication numérique
Le cadre réglementaire s'est considérablement durci. Deux obligations méritent une attention particulière dès la prise de mandat.
RGPD
Vérifiez que votre commune dispose bien d'un DPO désigné et que les traitements liés à la communication (formulaires de contact, newsletter, réseaux sociaux) figurent dans le registre des activités de traitement.
RGAA
Depuis le 1er janvier 2024, l'Arcom peut sanctionner les services numériques non conformes jusqu'à 50 000 € par service, renouvelables tous les six mois. En 2026, seulement 16,3 % des communes atteignent un score satisfaisant (RGAA Checker 2026). Un audit de votre site et de vos outils est une priorité du premier trimestre.
Pour les détails, consultez notre guide complet sur le RGPD, le RGAA et l'hébergement souverain.
Chantier 4 : Former l'équipe au numérique et à l'IA
43 % des collectivités n'ont proposé aucune formation numérique à leurs agents au cours de l'année écoulée (Baromètre Déclic/DINUM 2025). C'est une lacune qui devient difficile à justifier quand les outils numériques y compris l'intelligence artificielle, transforment le quotidien des services communication.
L'IA générative est passée de 52 % à 84 % d'utilisation en un an dans les collectivités de 3 500 habitants et plus (Baromètre Data Publica 2025). 77 % de ces collectivités ont déjà engagé un projet IA ou prévoient de le faire. La communication est précisément l'un des usages les plus évidents : aide à la rédaction, reformulation, adaptation de contenu selon le canal.
Les formations se concentrent encore sur la cybersécurité (84 %) et le RGPD (58 %). La formation à l'IA (34 %) et à la data (22 %) restent minoritaires. Le CNFPT propose des formations dédiées aux agents des collectivités, accessibles dans le cadre du droit à la formation. Le nouveau mandat est un bon moment pour établir un plan de formation pluriannuel qui intègre ces compétences.
Chantier 5 : Inscrire le numérique dans la stratégie du mandat
52 % des communes n'ont pas d'élu référent au numérique (Baromètre Déclic/DINUM 2025). Trois quarts n'ont pas de feuille de route numérique. Sans portage politique et sans cap formalisé, les initiatives numériques restent des expérimentations isolées plutôt que des transformations durables.
La constitution du nouveau conseil municipal est l'occasion de désigner explicitement un adjoint ou un conseiller délégué au numérique, ou de rattacher cette compétence à un élu identifié. Cette décision symbolique conditionne la capacité de la commune à s'inscrire dans les programmes d'accompagnement disponibles.
Le programme TNT (Transformation Numérique des Territoires) 2025-2027, porté par la DINUM, l'ANCT et l'ANSSI, offre un accompagnement gratuit aux collectivités dans leur feuille de route numérique. Son Tour de France, lancé en janvier 2026 depuis Agen, passe par plusieurs régions pour des sessions d'information et d'accompagnement. S'y inscrire est une démarche accessible, sans coût, et très structurante pour le mandat.
Conclusion
Le changement de mandat est une fenêtre d'opportunité unique. Les habitudes ne sont pas encore figées, les prestataires peuvent être remis en concurrence, et les élus sont naturellement dans une dynamique de bilan et de projection. Les cinq chantiers présentés ici ne sont pas des projets de long terme : ils peuvent tous être initiés dans les 100 premiers jours, sans investissement massif, avec des effets visibles dès la première année du mandat.